29 mai 2008
L'âne randonneur...historiette vécue
Voilà un petit compte-rendu envoyé à une amie qui venait souvent en randonnée avec nous et qui cette fois-ci gardait son petit fils. La Marguerite et le René (c'est comme ça qu'on cause au Montceau et dans les environs ) sont des amis très chers, des vrais, de ceux de ces rencontres "miraculeuses" que nous réserve la vie à quelqu'âge que nous ayons (se référer aux chapitres précédents sur ma conception des "rencontres"...). Et pourtant, elle avait souffert la Marguerite avec nous... Gédéon, (l'âne Grand Noir du Berry) lui avait déjà ravagé le majeur de la main droite en la piétinant sans malice lors d'une chute malencontreuse...elle avait laissé la peau de ses pieds au fond de ses godasses, mais elle revenait quand même avec nous... C'est pourquoi je lui avait adressé ce petit compte-rendu d'une rando sans incidents majeurs, rien que pour la faire "bisquer" na!
L'Anathème de Pâques:
Tout a bien commencé, c'est le moins que je puisse dire! très bien même: je me suis étalée, élardée devrais-
je dire, dans le crottin bien mou, humide et odorant devant la "cab'âne" (heureusement qu'il ne faisait pas trop chaud, les mouches ne m'ont pas accompagnées trop longtemps pendant cette randonnée pascale...). Daniel, à son habitude, a pris 200m d'avance (voire 300, à cause de l'odeur sans doute), jusqu'à ce que je trouve une ch'tite r'vire pour nettoyer le plus gros des dégâts...le pantalon et le blouson en avaient pris un coup, mais le dessous n'était pas mal non plus : genoux, montre, poignets, avant-bras, menton...( Gédéon en braie encore de joie...il était resté au pré et ça devait lui rappeler des souvenirs de la rando de juin où il n'avait pas que " péter comme un roussin" sur mon pantacourt, mes chaussettes et mes chaussures...). C'est pour ça que j'ai une certaine chance dans la vie, je ne met pas que le pied gauche dans la chose, je m'y vautre! quand je pense qu'il y a des gens qui paient très cher des cures de "merdothérapie"...
Ensuite, ô bonheur ! promenade idyllique toute la journée, (je soupçonne Daniel de vouloir faire le vide et le tri autour de moi en dégoûtant mes ami(e)s et transformant nos randonnées en parcours du combattant, Bat'Af, Biribi et autres joyeusetés...Et là? paradisiaque!!!juste une petite barrière à passer! un petit grenouillat de rien du tout à traverser! un ch'tit barbelé à couper...trois fois rien, que du bonheur! pas de TGV à proximité! que de petites grimpettes pas méchantes et des descentes sans "cascades" à travers les sous-bois...Bizarre! bizarre! Ioska trottinant sans trop "herboriser" le long des talus, trop heureuse d'être la Seule et Unique à m'écouter chantonner dans ses oreilles. Arrivée à Blanot juste à l'heure du blanc cass'...Hôtel, patrons et cuisine très sympa, pâture de rêve pour Ioska et un peu loin pour ne pas "chanter" toute la nuit au grand "plaisir" des habitants... Blanot est vraiment un très joli village, avec un superbe prieuré, une église romane et là aussi quelques bons souvenirs d'enfance. Ce village est aussi un lieu de mémoire, un lieu de résistance, et je ne m'y rend jamais sans une certaine émotion.
J'ai exigé (et obtenu) que nous refassions cette randonnée avec vous, pour qu'enfin tes petons se réconcilient avec leurs "pataugas" et les chemins bourguignons, et que je n'ai pas l'impression que Daniel veuille absolument avoir la peau de mes amies (socialistes ou pas) ou tout au moins la peau de leurs pieds!
Et le lendemain, retour par Taizé (si!si!)...Pour des mécréants comme nous, fallait le faire! On avait fière
allure, Daniel avec le galurin en feutre noir du grand-père Chavot et son air de Saint Joseph mal embouché, Ioska en ânesse issue tout droit de Saint Jacques de Compostelle...(et j'te cause pas de la Sainte Vierge...j'avais quand même changé de pantalon...) mais je t'assure, tout autour de Taizé le regard respectueux des gens...sûrs qu'on venait (de très loin) en pèlerinage!) et nous, fiérots, un brin faux-culs, superbes de modestie... Enfin, chacun sa croix! c'est Daniel qui avait tracé le circuit, bien fait pour lui! et pourtant, comme on ne voulait pas traverser le bourg, passer entre toutes les tentes, on a raté le succès absolu! "bénédiction" de Ioska (tellement comédienne qu'elle aurait pris son air à faire pleurer tous les Jésus des calvaires), photos souvenirs oecuméniques, confessions gratuites (Dieu sait qu'on en a bien besoin...) etc...etc...donc pour "éviter" la parade on s'est "tapé du goudron"! ricanements intérieurs de la mère Sauvage...
La vengeance divine ne s'est pas faite attendre : arrivée sans encombre (déjà c'était aussi louche que la veille) à Salornay vers 15h30, Ioska a refusé tout net de monter dans le van...presque trois quart d'heure de câlins, de menaces, de promesses, de biscuits, de restes du pique-nique (les pommes elle adore...) de caresses, d'insultes ("sac à saucisson", va!), de vas-y que j'te pousse, de vas-y que j'te tire, pour que madame, très "Cécile Sorel" pose un sabot dédaigneux sur le pont et monte avec une rare élégance dans le van...soulagement des "pères"...on a fini la gourde de rosé (hélas il n'y en avait presque plus, c'est fou ce que ça s'évapore...) pour se remettre...et on est rentrés...
Quand je pense que pendant tout ce temps-là, y'avaient des gens heureux qui pouponnaient......
De l'âne randonneur à l'âne de théâtre...
Dans mes passions, il y en a une qui ne me quittera jamais (les autres non plus d'ailleurs, peut être que de temps en temps elles s'estompent un temps, mais malgré moi elles finissent toujours par revenir "au galop")...
A propos de galop, les ânes n'aiment pas trop ça, mais moi, j'aime les ânes, les vrais, ceux qui sont considérés quasiment comme des "sous-équidés", un cheval à petites oreilles, une bourrique têtue, grincheuse bref, vous savez comme moi tout ce qu'on dit de vrai ou de pas vrai sur les ânes. Certes ils reviennent "à la mode" (après les poneys...), on en revoit de plus en plus dans nos campagnes et c'est tant mieux à condition de bien s'en occuper bien sûr et de ne pas en faire uniquement des tondeuses ou des usines à saucisson... Un âne peut vivre, sauf maladie ou accident, 35 à 40 ans...c'est dire que je ne laisserais pas qu'un héritage intellectuel et culturel à mes enfants, voire mes petits enfants.. car j'ai 3 ânes...qui ont respectivement 8, 12 et 15 ans...sans faire de "solo de corbillard" et au cas ou...je "disparaîtrais", ils faudra bien qu'ils s'en occupent...(de mes 2 chiens et 2 chats aussi d'ailleurs, enfin c'est plus facile à caser, même en appartement, à Caen ou à Dijon que les ânes...). Tant pis ils se démerd...... Car tout le monde dans ma famille ou mes amis connaît mon "amour" pour les animaux (je n'ai contrairement à beaucoup de personnes aucune phobie concernant quelqu'animal que ce soit. Certes je préfère caresser mon âne qu'un boa... (et les moustiques... je crains un peu car eux, ils m'aiment tellement qu'ils me "bouffent" littéralement toute crue dès que les beaux jours font semblant d'arriver...) D'ailleurs cet amour est proche du "gâtisme précoce" ou de la mauvaise sensiblerie je veux bien l'admettre, mais c'est comme ça et je ne changerais pas maintenant!!!
La seule chose qui me fait perdre mon sang froid c'est le mal qu'on peut faire aux animaux...j'ai subi des stress intenses dans mon métier et supporté bien des situations dramatiques (apparemment) sans broncher...mais qu'un chien ou un chat se fasse écraser et je perd tous mes moyens!!! ridicule? sans doute mais c'est comme ça et je n'ai plus rien à prouver en ce qui concerne mon engagement auprès des humains en général et des personnes âgées en particulier... (la maladie, la mort, l'accompagnement dans la souffrance et vers la mort je connais...). En fait ce préambule je me devais de me l'écrire à moi même déjà pour raconter la suite...comment j'en arrive à mettre sur les "planches", après les chemins et les sous-bois, mes ânes, enfin je devrais dire mon ânesse, Ioska, la toute première arrivée "à la maison". Une "Cotentine" superbe, 1,30 au garrot, futée et cabotine, jalouse et dominante, qui me suit partout, me fait la gueule quand nous randonnons avec les deux autres. Quand elle est seule, elle braie toute la nuit sous les fenêtres des chambres d'hôtes quand nous faisons étape lors de nos longues randonnées, pour me faire comprendre que je pourrais quand même coucher à côté d'elle dans la pâture ... Et bien, Ioska, comme beaucoup d'ânesse de bonne famille a aussi commencé sa carrière de "représentation " dans des écoles et des villages accompagnant le Père Noël ou Saint Nicolas.
Mais le goût du spectacle lui est surtout venu quand elle a joué, avec le succès que l'on devine, dans Les
Brigands au théâtre de Caen, dans une mise en scène de Jérôme Deschamps et avec les Deschiens réunis...Ah! les mots doux de François Morel murmurés dans son oreille, sur scène: "alors? comme ça! vous habitez chez vos parents?"... et voilà sa carrière était lancée et elle ne voulait plus quitter la scène... certes elle a d'abord rejoint son pré normand avant de connaître ceux de bourgogne, mais là, elle jubile!!!! elle va jouer à nouveau!!! dans un "vrai théâtre" avec de "vrais comédiens", elle sera un de ces "ânes de gloire" qui ont participés eux aussi à cette grande boucherie que fut la Grande Guerre, petits ânes venus d'Algérie ou du Maroc pour passer dans les tranchées, ou mulets costauds pour porter le ravitaillement ou les armes au front... Ioska sera de la grande aventure de "l'Homme éclaté" avec son copain Rif, chien de berger devenu lui aussi par amour de son maître, "chien de tranchée" porteur de message...

Bruno Lochet dans Les Brigands Deschiens et des ânes ...
27 mai 2008
"Quand Pass(av)ent les cigognes"....
Je sais, c'est un très mauvais jeu de mot!!!mais quand une troupe de théâtre se place sous l'aile protectrice d'une cigogne, qui veut s'occuper de cinéma, mes vieux vieux souvenirs de cinoche reviennent... Au fait qui se souvient de ce film du début des années 60 qui en a fait renifler plus d'un ou une, dans un mouchoir, tassé au fond d'un siège en velours rouge...ou même en bois...???
Bon bref, voilà depuis peu, le Théâtre du Passavent travaille en partenariat avec cette association dijonnaise, La Cigogne, l'association du Cinéma en Bourgogne. Un DVD sera d'ailleurs certainement réalisé au Musée du Poilu lors d'une des représentations de cet été.
Si le Théâtre du Passavent intervient dans le cadre de formation de comédien (ainsi que de conseils costumes, script...) c'est que dans le cadre de mes activités passées, j'ai beaucoup travaillé avec l'ACCAN (Atelier de Création Cinématographique de Normandie) à Caen, sous la direction de son Animateur et Directeur passionné et passionnant: André Guéret (producteur de Iceberg). J'ai participé à de nombreuses productions comme comédienne, script, maquilleuse, habilleuse, grouillot de service (c'est comme ça que l'on apprend le plus...rien ne nous fait "peur" ensuite...). Du Lai de Lanval à Guillaume le Conquérant la formation a été efficace... André à également produit en captation d'image, le spectacle que j'avais monté sur les enfants d'Izieu...
Je reviendrai sur cette rencontre, là encore extraordinaire, avec André et Suzanne, car les moments vécus ensemble, leur passion du cinéma, leur humanisme m'ont aidé aussi à me construire.
Il fallait bien qu'un jour, moi aussi je me lance dans la grande aventure du Cinéma...et que j'entraîne avec moi les comédiens du Passavent...
En attendant, voici le lien vers le blog de l'association La Cigogne : associgogne.canalblog.com .
26 mai 2008
Bleu Horizon (suite)
Dimanche, malgré le temps toujours lourd, pluvieux, orageux... dans la grange, on était bien! la musique de Bruno portait les textes, soutenait les chansons, accompagnait les danses, nous étions dans notre monde, 90 ans en arrière, portés par l'émotion, rassurés entre ces gros murs de pierre qui entendait chuchoter ou crier les révoltes de "Ceux de l'arrière"...Le soir, épuisés mais heureux, heureux d'avoir partagés ensemble des moments si intenses que nous n'avions qu'une envie: revenir et répéter dans ces lieux-là...
La passion et l'amour du théâtre passe aussi par le respect et l'amitié que l'on se porte...et ce week end, malgré une fatigue certaine, j'avais le coeur gros de nous voir "se séparer"...jusqu'à bientôt, jusqu'à demain, jusqu'à la prochaine répétition...Le Théâtre du Passavent, c'est aussi une histoire de rencontres et de vrais "amoureux" du spectacle bien sûr, mais aussi...des autres...
Accueil au Grand Fussy
Quand je pense que tout dans la vie est "affaire" de rencontres, je le crois vraiment, tout est toujours possible et tout permet d'avancer, de découvrir, d'aimer, bref de VIVRE!!! pour nos répétitions de Bleu Horizon, le "Theâtre du Passavent" a été accueilli dans un "domaine" extraordinaire, moins par sa situation et son architecture, voire son histoire et son passé, que par les personnes qui l'ont restauré et le font vivre : Yves et Dominique...toujours avides de découvertes, prêts à toutes les aventures...ils ouvrent leur maison en chambres d'hôtes (magnifiquement décorées par Dominique, qui a aussi travaillé avec Claude son amie, à la restauration des fresques du 12ème siècle de l'église romane de Gourdon...) et aux "artistes", en soirées chants ou lectures...
Là ils nous ont laissé "investir" une grange, et ce fut "magique"...malgré le vent (ou à cause de...) et la pluie d'orage, nous étions "chez nous" hors du temps, nous étions en... 1914 !
Après ces 2 jours d'intenses répétitions, nous y retourneront plusieurs fois, avant la "première" au Musée du Poilu à Cormatin...
Nous serons prêts... Yves et Dominique y seront aussi pour quelque chose...
Répétition au Grand Fussy (suite)
Voici le lien vers un article de Montceau-News consacré à la répétition de Bleu Horizon de ce week-end.
cliquez ici pour lire l'article
24 mai 2008
Répétition au Grand Fussy
Aujourd'hui, dans une belle grange de la maison d'hôte de "La Fontaine du Grand Fussy", nous avons répété "Bleu Horizon", en costumes et avec tous les accessoires...travail passionnant pour tous...athmosphère étrange, irréelle pour ce spectacle, travaillé dans cette ancienne écurie, éclairée par 4 projecteurs de 650W!!!
Les quelques personnes qui s'y sont glissées discrètement étaient saisies par l'ambiance et nous ont permis l'immersion totale dans notre "Histoire"...
19 mai 2008
Voyage en Egypte
Suite, mais certainement pas fin, de mes aventures égyptiennes. A la suite de la publication de ma lettre envoyée à Mme. Desroches-Noblecourt et de la reception, des mains du prince Saddrudin Khan, d'une reproduction du buste de Nefertiti, je fus invitée par le gouvernement de la Republique Arabe Unie à séjourner pendant quinze jours en Egypte pour y découvrir ses nombreux trésors et notamment les deux temples d'Abbou-Simbel, avant qu'ils ne soient surélevés de 60 mètres. Pour une gamine de 12 ans (mais aussi pour sa mère, qui faisait partie du voyage...) c'est une aventure qui ne s'oublie pas ... même de nombreuses années plus tard.
14 mai 2008
"Kinderlekh"
Cliquez sur les pages pour agrandir
Programme de Kinderlekh, spectacle sur le drame des enfants d'Izieu, que nous avons présenté (et tourné) pendant 2 ans, de 1997 à 1999. Cette pièce était issue d'une "collaboration" entre la Compagnie du Val-Qui-Rit et l'école Montmorency de Hérouville-saint-Clair (Calvados).
13 mai 2008
Ti coeur brisé
"Il était une fois, des vieux... Oh! pardon! des seniors...qui avaient depuis trois ans des rendez-vous indispensables et importants le mercredi après-midi : ils rencontraient des enfants, des petits-enfants... Ce n'est pas qu'ils en manquaient forcément, moi, par exemple, j'ai quatorze petits-enfants, dix sept arrière-petits-enfants et quatre arrière-arrière-petits-enfants!
Mais, il faut croire que ce n'est pas assez... Et que l'on ne se lasse pas de connaître et d'aimer d'autres petits-enfants. Bien sûr, avec eux aussi, nous avions plein de choses à nous dire et à nous raconter... Mais comme nous avions déjà pris goût à la chanson, au théâtre même... Oui! oui! nous avons eu envie de partager cette passion là... Avec tous ces petits-enfants, dont certains sont déjà grands maintenant ; et nous nous sommes lancés dans une autre aventure à laquelle on ne croyait pas forcément au départ... Ce fut dur quelquefois, mais quel plaisir! De se retrouver, et de travailler (c'était très sérieux) des textes, des chants et des poésies ensemble... Ce fut le défi de cette année.
Bien sûr ce n'est pas un spectacle ordinaire, et il peut y avoir bien des imperfections, bien des défauts, mais c'est un spectacle du coeur, car si nous ne sommes pas des professionnels du spectacle, je crois que nous sommes un peu des professionnels de la tolérance et de l'amour, de l'amour des enfants..."
texte dit par Marguerite Daubrosse et écrit par Y Sauvage-Lelong.
De ce spectacle a été réalisé un album, dont voici la pochette.
cliquez ici pour écouter un (court) extrait d'une des chansons







































