31 octobre 2008
Mémoire d'une d'âne de gloire...
" Et toc! voilà ma réponse au Rif! quel prétentieux, ce cabot !!! l'est pas beau mon Nénesse? c'est vrai, il n'a pas de chemisier en dentelles, mais quelle belle barbe de Poilu!!! au Comité du Plus Beau Couple, on a quand même de l'allure..."
Rif, chien de tranchée (suite)
"Ras l' nonosse!!! Ioska a toujours les honneurs du blog de ma maîtresse, d'accord elle est (beaucoup) plus grosse que moi (Ioska, pas ma maîtresse...) tout le monde dit: "ah! un âne en scène? est-ce possible? mais comment est-ce possible?" prout! prout! etc...etc...Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut me négliger, voire se moquer de moi!!! elle ne m'aurait pas traité de "cabot" tout de même!!!et ben si! elle n'en rate pas une! une ânesse du Cotentin primée au Salon de l'agriculture à Paris! elle se prend pour une diva ! moi, je suis humblement né à Génelard, d'un papa malinois et d'une maman border collie...je suis un chien de race(s) non mais!
Moi, un cabot! alors que je suis la tendresse et la sagesse même en scène! que je ne fais ni pipi ni caca sur le plateau (alors que tout le monde s'intéresse à ses crottins et qu'on en discute pendant des heures!!!). Moi, si je "fais" je suis sûr que le Daniel va me mettre un coup de pied au c... enfin, non! il va gueuler quoi, comme d'habitude! Heureusement que certains et certaines (ah! mes ch'tiots gamins!) m'aiment, eux! Faut dire que je leur rend bien...là, sur la photo, j'attends le gros bisous qu'Héloïse va me faire sur la truffe, et juste après...je la gratifierais d'un grand coup de langue (juste pour la démaquiller, je sais qu'elle n'aime pas le fond de teint, donc...) et je me pâmerais d'aise et de bonheur... La Ioska, elle ne se met pas sur le dos pour avoir des grattoux, elle! Bon, faut retourner en coulisses, à plus tard... Au fait, elle est belle, mon Héloïse en chemisier en dentelle! aussi jolie que sur le "Lili coquelicot" en pull marin (d'eau douce)..."
23 octobre 2008
Mémoire dun âne de gloire (suite) ...
"Dernières nouvelles du front..." Par ce dimanche radieux, je quitte ma pension trois étoiles, une belle pâture dans Saint Vallier (cette commune, c'est vraiment la "ville à la campagne") mes copains de longue date (Calinou, Capucine et Chipie) et marche fièrement avec ma maîtresse pour gagner la salle de spectacle. Je sais maintenant que la porte en fer (l'entrée des artistes) ne cache pas un gouffre béant et je rentre comme la vedette que je suis, digne et magnifique (je n'exagère qu'à peine...). Cet après-midi, c'est du sérieux, tout le monde est là, même le Rif...pas trop fier lui le cabot, de me croiser sur le parquet...enfin, finalement je l'ignore, il va se préparer dans les coulisses avec Charles. Je considère d'un oeil torve mon costume: ce satané bât de l'armée! les sangles, les popotes, les fusils! mais je suis assez contente de moi, j'ai réussi à me débarrasser des "espadrilles" hein Bruno? et ce n'est pas la peine de faire tout ce boucan avec tes bruits de canons, de mitrailleuses, d'obus! ça ne m'impressionne pas... (au fait, comment vont Calypso et Panache, ils ont fini de regarder les feuilletons télé par la fenêtre? pourquoi tu ne les fais pas rentrer directement dans ton salon? 2 ânes comme eux, ils tiennent bien sur le canapé, non?) enfin, bon! je m'égare, revenons à la répétition, pardon au "filage" comme dis ma maîtresse. Il faut que je tienne bien mon rôle, car il y a quelques spectateurs "de marque" (dont Jojo Le Grand Tringlot et son âne-Maëlle, oh! pardon, j'ai pas pu m'en empêcher! d'accord c'est très très nul! pardon Anne-Maëlle, promis je ne le ferais plus!!!).
Or donc, on me bâte, on me cajole, on me chuchote des douceurs dans les oreilles (surtout le Justin, il est très bien ce p'tit gars-là, de plus il chante et il cause bien, j'ai un petit faible pour lui, surtout depuis la tarte et le pain d'épices de la dernière fois...) On me fait déambuler, entrer, sortir, revenir...je dois patienter 3/4 d'heure avant de faire mon entrée avec Nénesse et Justin dans la tranchée... L'escouade est là... Ces braves pioupious m'attendent pour manger! (pas en saucisson! ça! c'est malin!!!) je suis leur âne ravitailleur! Enfin ils me débâtent! c'est pas trop tôt! ils continuent de jouer et moi aussi...Je lâche de beaux crottins, mais pas comme la dernière fois, pas juste à côté de la tête du Toine. Il faut dire que quand je l'ai vu tomber ce pauvre garçon, je suis allée voir ce qui se passait (on ne me dit jamais rien, faut que je découvre tout par moi-même!) il n'avait pas l'air très bien, ça m'a émue (enfin, faut pas que j'exagère, j'avais pas envie de me "retenir"). De toute façon, c'est dans le contrat, si j'ai envie de faire, je fais, tant pis! Passionnant, hein? mes histoires de transit intestinal...n'empêche que mine de rien, faut bien y penser! la metteur en scène, ma maîtresse à moi, elle commence à dire qu'il faudra faire avec! autrement dit, si "je fais, qu'est ce qu'on en fait?" et bien, les propositions fusent! avec sa pelle de tranchée, le Justin propose de balancer mes crottins par dessus la tranchée ou de les laisser sur place...après tout, moi et l'escouade on est censés être dans la m......non? Mais il ne faut pas faire rire le public! Comme si c'était rigolo, un âne de tranchée qui crotte, alors, pour mettre tout le monde d'accord, la Belle Aimée propose carrément qu'on le balance...dans le public. Et ils trouvent çà drôle! moi, Je trouve ça répugnant! des vrais gamins ces comédiens, restés au stade du pipi-caca...
Mais je vois le truc et ça m'inquiète : je risque de me retrouver avec un accessoire supplémentaire... au derrière... "
Monsieur Paul Jolas...
Voilà, j'ai reçu un message d'un lecteur assidu de mon blog et qui me demande "si j'avais appris à écrire...", j'ai d'abord répondu "non, j'ai toujours aimé ça..." et puis tout de suite après, j'ai repensé à Monsieur Paul Jolas, comme si mon cerveau avait occulté pendant des années tout ce que je lui devais!!! Alors que très souvent je pensais à lui, "tu devrais reprendre contact, tu devrais savoir s'il continue toujours malgré la retraite (je supposais qu'il était en retraite de l'enseignement) à défendre, à promouvoir les auteurs, les poètes, les peintres, toute forme de cultures, "favoriser particulièrement le mouvement de jeunes dans la poésie" et surtout: l'Humanisme". Et voilà le temps qui passe si vite fait des ravages...et des remords... J'aurai pu, du, écrire 18 rue Janvier...il aura fallu un ordinateur offert l'année dernière pour que, par coup de coeur et de souvenirs je cherche et recherche ceux qui ont compté pour moi et que d'une certaine façon j'avais "laissé tomber". Enfin, je suis sans doute prétentieuse, Monsieur Jolas a continué sa vie, comme moi la mienne... dernières nouvelles en 1974-1975...
Mais sans lui...
J'ai eu une scolarité plus que chaotique, de la maternelle au bac...totalement réfractaire à l'enseignement traditionnel, mon rêve était d'être "éduquée à la maison" , ça faisait rigoler ma mère ( "t'as des goûts de bourgeoise, pourquoi pas un précepteur pendant que tu y est!") rigoler, rigoler, enfin pas toujours, car j'étais nulle partout (blocage total pour les sciences mathématiques et physiques...) et ne faisais qu'un (petit) effort en histoire et français-latin-grec (toujours ma foutue curiosité...il y aurait eut "sanscrit" je l'aurais pris en option sans problème...). Mais le contrat moral était clair entre mes parents et moi, le fameux "passe ton bac d'abord" et après, "promis, on te paie des études de théâtre comme on a payé les études d'ingénieurs Arts et Métiers à tes frères"...contrat rempli de part et d'autre. Et puis, en 1966, le choc de la rentrée !...Mon professeur de Lettres se présente en cours (et en latin tout de même!) et c'est Monsieur Jolas! Je reste ébahie et découvre (bien avant le film Le cercle des poètes disparus et avant la révolution de 1968...) un professeur, un homme extraordinaire, hors de l'ordinaire...et me voilà, attendant avec impatience ses cours, jubilant à l'avance de ce qu'il va m'apprendre, m'apporter, me faire vivre et revivre (décidément je suis exclusive, nous étions une grosse vingtaine à profiter de ses cours...). D'un seul coup me voilà propulsée au firmament des bonnes notes! jamais moins de 18 (même hors sujet...) Pour Monsieur Jolas, les hors sujets pouvaient révéler bien des choses et sans les encourager ("vous savez, si vous faites ça au bac...intéressant ou pas, l'examinateur ne vous fera pas de cadeau...") mais je crois qu'il aimait bien mes élucubrations...quand il me rendait mes dissertations, il y avait quasiment autant de commentaires dans la marge que d'écrit dans mon devoir...et je lui redonnais ma copie en commentant ses commentaires qu'il me re-redonnait en commentant mes commentaires...et ainsi de suite...Pour la première fois, mes parents m'ont vu aller au lycée avec plaisir (enfin, avec plaisir... pour les cours de lettres classiques...pour les autres matières, bof!... j'aimais plutôt l'extra scolaire: atelier théâtre et journal du lycée...). Ils ont souhaité faire la connaissance de Monsieur Jolas, dont je leur rabattais sans cesse les oreilles!
Quelques mots de politesses échangés par l'intermédiaire du "cahier de texte" et à la fin d'une de mes "disserte" et Monsieur Jolas vint souper à la maison. Mon père fut littéralement ébloui. Bien que "matheux" de fibre, ingénieur, proviseur de lycée technique, lui aussi "écrivait": des poèmes, des parodies. Gouailleur, rigolard ou tendre, il avait même "fait" journaliste satirique à la "Lanterne Héninoise" (Hénin-Liétard, Pas de Calais) juste après la guerre (articles grinçants à la gauche de la gauche...). Quant à ma mère, elle a pris pendant tout le repas son air de vampire littéraire qui ne trompe pas: elle était impressionnée. Il lui en fallait pourtant beaucoup...tombée toute petite dans la littérature, sa bibliothèque était aussi énorme qu'éclectique. Bref, soirée particulière, je n'avais pas assez d'oreilles et d'yeux pour tout saisir, je voulais profiter au maximum, je ne voulais rien perdre, tout retenir de leurs échanges...La preuve? je n'ai rien dit de tout le repas...moi! bavarde impénitente quand je suis passionnée! mais ça fusait de partout et j'étais la spectatrice fascinée d'un moment rare. Et, très vite, Monsieur Jolas nous a invité chez lui, à Sainte Geneviève des Bois. Nous y avons fait connaissance de son épouse Andrée Satger, poète et peintre. Madame Satger a réalisé mon portrait (17 ans..) que j'ai toujours gardé, même si une forme de timidité m'interdisait de le montrer "aux autres" il habillait et habille toujours mon "coin à moi"...
Andrée et Paul Jolas étaient entrés dans notre vie, dans ma vie.
Il m'a encouragé à écrire, à travailler mes textes. J'aimais beaucoup la littérature fantastique, j'avais déjà lu tous les grands maîtres incontestés du genre avec deux préférences quand même: Jean Ray et Claude Seignolle (que je rencontrerais deux ans plus tard et avec lequel j'entretiendrais longtemps des relations épistolaires). J'apporte deux "nouvelles" à Monsieur Jolas, il me conseille quelques corrections et m'annonce tout à trac: "Voilà la semaine prochaine, je dois rencontrer un homme très intéressant, ce serait bien que vous le rencontriez (je ne sais plus si je suis arrivée à le tutoyer un jour, je ne le crois pas, comme je n'ai jamais pu l'appeler "Paul ")...il s'appelle Joseph Chocko, il a vécu des choses très difficiles, remarquables et il souhaiterait que je reprenne à sa suite et relance un magazine littéraire la Revue Littéraire et Artistique. C'est une "renaissance", on part du numéro 1, on y publie votre nouvelle et je vous consacre secrétaire de rédaction!!!" et toc! le lycée me semble bien loin...bien sûr je suis enthousiaste. De plus, Monsieur Jolas m'emmène dans différents "cercles poétiques" de la capitale où quelques fois, je lis ou "récite" des poèmes...mais c'est comme pour mon séjour en Egypte, je reste comme je suis, je regarde, j'écoute, prends ce que j'ai à prendre et essaie souvent de ne pas me faire remarquer. Ma mère avait conservé les deux premiers numéros de Rencontres Artistiques et Littéraire, ce sont de petit fascicules dans lesquels figurent mes 2 nouvelles. Monsieur Jolas savait valoriser ses élèves, deux de mes camarades de classes étaient publiées, elles aussi: Domique Tarasco et Marie-Ange Baillet, et avec nous : Georges Pérec! Nous étions très fières, même si dans un premier temps la diffusion était confidentielle.
Cette revue a grandi, grossi "en taille" et en contenu, avec des auteurs connus et reconnus: Rencontres Artistiques et Littéraires, Les Cahiers d'Ariane édité par la "Maison Rhodanienne de poésie" (Monsieur Jolas est aussi à l'origine de cette maison d'édition). Pendant toute la fin de ma scolarité et ensuite, quand j'intégrerais le Cours Simon, nous resterons en relation. Et puis, mes parents ont quitté les Yvelines pour passer leur retraite en Bourgogne et je suis partie en Normandie.
Miracle d'internet, je tape Paul Jolas (sur les conseils de mon fils) et une longue liste apparaît...je vois même des photos, une m'émeut plus que les autres, celle de l'âge où je l'avais connu, et puis une page: "Hommage à Paul Jolas"...Monsieur Jolas est décédé en 2006...
On croit toujours les gens que l'on aime sont immortels, l'âge n'a pas d'importance, pour moi, Monsieur Jolas à toujours 36 ans! Il est mort à 74, comme mon père... (lui aussi n'aurait pas dû...et tous les autres... "que j'aimais tant et qui me le rendaient bien"). Je croyais naïvement que le temps retrouvé d'après ma vie professionnelle, me donnerais la possibilité de renouer tous ces liens... Je n'ai jamais su compter, surtout les années! Ce blog a déjà permis des "retrouvailles"...
Curieusement, ce blog, mon blog ,je l'ai déjà dit, c'est mon fils Joanny qui m'a encouragé à le faire... Parce qu'il est un peu (beaucoup?) comme moi, fouineur et curieux...
Tenir un "journal intime" ne m'intéressait pas vraiment...mais écrire, oui! revenir impulsivement sur certains moments très importants de ma vie, raconter et rendre "hommage" aux personnes qui ont contribuées à faire de ma vie ce qu'elle est... Rencontres anciennes ou récentes, toutes celles qui comptent pour moi et qui continuent à alimenter l'essentiel de mon existence et en l'occurrence mon imagination, ma "créativité" ma curiosité des autres, des choses, des lieux... Je n'existerais pas de la même façon si je n'avais fait d'extraordinaires rencontres! Chance? Hasard? Je n'en sais rien! mais je suis à un âge où je regarde sereinement ce que j'ai fait, et où, pour ma "descendance" familiale ou amicale (et oui! comme tout le monde, j'ai des amis aussi proches voire plus proches et aimés que certains membres de ma famille "de sang"!) Donc voilà, une fois encore le pourquoi du comment de ce blog!!!...
Mais revenons à nos moutons qui moutonnent dans ma tête (pour une fois que je ne parle pas d'âne!):
L'ÉCRITURE? ai-je appris ou non? et bien si! enfin non! j'ai juste eut la chance de rencontrer un homme exceptionnel quand j'avais 17 ans...pourquoi l'avoir "oublié" toute ces années? La jeunesse est égoïste, maladroite et surtout ingrate. On oublie vite, au fur et à mesure que nous avançons dans la vie, cette vie qui nous happe et dont le quotidien nous obnubile...ce soir, une fois encore, je me sens orpheline.
13 octobre 2008
Interwiew de Ioska...(suite)
"
Quel boulot!!! ce n'est pas rien de répéter ! quitter ma pâture aux "aurores", m'enfermer dans une salle de spectacle rien qu'avec des lumières artificielles (alors qu'il faisait si beau dehors!) me charger "comme un bourri"... me flanquer dans mes (grandes) oreilles des bruits de canons et de mitrailles, me faire porter des gamelles, des gourdes, des bouthéons et des fusils! non mais ... moi qui suis pacifiste, qui déteste la chasse et les chasseurs (des fois qu'ils me prennent pour un grand lapin...). En randonnée, à l'automne, avec Gédéon et Mimi-Mélodie, on se méfie, heureusement ma maîtresse veille, "pide" les sous-bois et "gueule" un bon coup dès qu'elle voie des drôles de types "enkakifiés", armés et prêts à tirer sur tout ce qui bouge...Bon, je m'égare,...hors donc, ce samedi n'était pas jour chômé pour tout le monde...je suis entrée comme une reine dans le van... Arrivée à la salle de spectacle, pas de problème, Yvette avait amené du foin, (mais le trèfle de la pelouse était bien meilleur...).
J'ai quand même marqué ma désapprobation quand il a a fallu rentrer dans la salle : je me suis bien amusée
devant leurs efforts : pain, biscuits, foin sur le parquet, rien à faire je voulais rester au soleil!!! Le Lazarre a même grignoté le pain dur, à quatre pattes, pour me montrer l'exemple (ce que ça peut avoir l'air "bête" les humains quand ils s'y mettent!)...bon, d'accord, au bout d'un moment, assez rigolé, ils s'y sont mis lâchement à quatre et ils m'ont "rentrée" de force... Après que voulez-vous, fallait bien que je gagne mon salaire, le contrat était signé depuis l'été... Et puis, comme tout le monde me chouchoute, j'y trouve mon compte, finalement...d'autant plus que pour récompenser toute la troupe, le Bastien (Justin, dans la pièce, celui qui s'occupe de moi avec le Nénesse) avait apporté un super buffet, avec tarte et gâteau au chocolat en dessert... C'est bien la vie de saltimbanques, y'a quand même de bon moments...après avoir dégusté quelques unes de ces douceurs, je suis sortie sans problèmes pour rejoindre un pré voisin...et oui, j'ai lu sur le planning qu'on remettait ça lundi..."
05 octobre 2008
Merci à...
En 1998, j'ai "dévoré" , étonnée, surprise et finalement très touchée, le livre de Madame Anne Ancelin Schützenberger: "Aîe, mes aiëux"...j'avais encore en tête et "en coeur" les représentations par la Compagnie du Val-Qui-Rit, de "L'Alouette et l'Hirondelle"... Ce spectacle écrit et monté en 1994, raconte l'histoire vraie de deux jeunes cousins de ma mère: André et Raymond Aupècle, morts en déportation (Raymond à Dachau et André à Flossembourg) à 20 et 22 ans. Et comme "par hasard", je découvre que les deux oncles de ces jeunes gens étaient morts eux aussi, au même âge, pendant la guerre de 14-18... Mais si la mort des "hommes de la famille" a été un choix et un engagement pour André et Raymond, elle a été une obligation "nationale", sans possibilité de refus pour Jean-Baptiste et Jean Dumont. Après avoir tant cherché et recherché ce que fut la vie,le combat et la mort atroce des Aupècle, je l'ai raconté et mis en scène (je n'ai réellement tout su ou presque qu'en 1994... par un de leur ami déporté à 15 ans et qui "en était revenu")Ma grand-mère n'en parlait jamais ( "ce n'étaient que des communistes"...) effectivement, ils appartenaient à un groupe FTP, mais ils ne l'ont sans doute jamais su, ils se sont "engagés", au sens le plus noble du terme, dans un combat qui leur semblait légitime, et sans s'ocuper de qui dirigait, ni à quelle instance politique ils appartenaient...et puis ce: "ils n'étaient que des communistes" avait un fond de défiance et de mépris qui même quand j'avais 10 ans me choquait, comme s'ils avaient "bien gagné ce qu'ils cherchaient"... Quand, je posais des questions sur eux, elle se refusait à m'en parler ( "tu es trop jeune, la guerre, c'est fini, et puis...ils sont morts fusillés par les allemands" ! point, fin de la conversation!!!)
Et bien non! ils n'ont pas été fusillés par les allemands, j'ai retrouvé leurs parcours, ils sont entrés en résistance à 18 et 20 ans et sont morts en déportation, pris dans la raffle de fin février 1943 au Champs du Moulin à Montceau Les Mines. C'est à eux et à leurs amis que j'ai voulu rendre hommage dans mon spectacle...et sans doute "réparer" cette espèce de négation (ou de mépris? ou d'angoisse rétrospective?) de ma grand mère vis à vis de ses neveux...
Ma grand- mère qui avait vu partir son époux Jérôme, et ses deux frères Jean Baptiste et Jean en 1914...pour la "bonne cause"... Terrorisée par d'éventuelles représailles, la tête rentrée dans les épaules en attendant que ça se passe, la Résistance était-elle une "bonne cause"? Pas vraiment pour ma grand-mère qui en voulut aussi à ma mère de reprendre la place de ses cousins comme agent de liaison et infirmière dans le maquis...(Ceci dit, je constate, je ne juge pas car je ne sais pas moi-même ce que j'aurais fait...)
Alors quand j'ai "dévoré" le livre de Madame Ancelin Scûtzrenberger, quand j'ai lu que nous "étions parfois un maillon de la chaîne des générations" et que nous avions " curieusement à payer les dettes du passé de nos aîeux"...je me suis sentie "soutenue" dans cette recherche sur ma famille maternelle, moi, qui disait toujours que je me sentais "redevable" de ce qui s'était passé "avant" et qui avait fait ce que j'étais, du plus mauvais au meilleur, j'ai continué le "réglement de compte" familial . C'était le moins que je puisse faire. Et, puisque j'étais "poursuivie" par ce désir impérieux de savoir, de comprendre, de remuer le passé: ma façon à moi de transmettre, de "payer ma dette" ce fut par l'écriture et le théâtre...
Avant que je ne connaisse l'ouvrage de Madame Ancelin Schûtzenberger, j'avais déjà évoqué avec ma mère, le "pourquoi du comment" j'avais les yeux clairs, mon frère ainé les yeux noirs, mon frère cadet et mon cousin étaient les portraits crachés de mon père, et aussi pourquoi je m'appelais Yvette , prénon que je détestais particulièrement, alors que j'adorais mon deuxième prénom: Pauline, prénom de ma grand mère paternelle, beaucoup aimée par mon père mais que je n'ai pas connue... etc...etc...etc...
Bref, était-il possible qu'en dehors des gènes reconnus , physiques et psychologiques, qu'ils "sautent" une génération ou deux, ou plus...était-il possible qu'on recoive aussi en héritage, des blessures invisibles, béantes ou mal cicatrisées et qui se réveillent en nous perturbant tellement le quotidien qu'on se demande "mais qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça?"
Depuis 1998, j'exploite les "pistes" proposées par Madame Ancelin Schûtzenberger, peux être que l'écriture et la réalisation de "L'Homme éclaté" marquera la fin de certaines souffrances physiques parfois insupportables...
...En ce qui concerne mon prénom, je m'y suis faite...et oui! j'en arrive même à l'aimer quand il est prononcé avec amour et amitié...
04 octobre 2008
L'âne de Gloire (suite)
Ioska en répétition sur le plateau de l'Espace Culturel Louis Aragon (ECLA), elle n'a pas encore "enfilé" son bât, ni ses "espadrilles", quant au caca nerveux promis à Christian, elle a tenu parole..........il faut tout faire quand on est metteur en scène, et moi qui ai une aversion congénitale pour le ménage, j'ai ramassé et rendu son lustre au plancher (sous l'oeil goguenard de mon "ânesse de gloire")...vive le spectacle!!!
03 octobre 2008
"Les Canalous"
Que c'est beau un canal! que c'est reposant! et celà nourrit tellement l'imagination et l'imaginaire. De ce séjour sur l'eau, en août dernier, est né L'Homme éclaté! quatre ans et demi de recherches et de documents lus et épluchés...pour "vivre" enfin sur le papier en 10 jours...Heureusement mon "second" était au pilotage, tandis que nos moussaillonnes de charme étaient aux amarres! j'ai pu travailler en les regardant béatement "trimer" au "macaron" ou sur le pont! et là...accostage dans un port pour le ravitaillement indispensable en saucisson, vin blanc et liqueur de cassis...l'homme invisible qui prend la photo? c'est le "coulie de chauffe", le "sous-mataf", qui est bien obligé de nous obéïr pour frotter le pont, remplir la réserve d'eau (et du vin sus-nommé!!!). Il n'avait qu'à passer son permis fluvial comme nous autres! na!
Depuis notre retour au port, malgré l'intense activité théâtrale, j'ai hâte de repartir...Les "journées du Patrimoine" sur la péniche "Armançon" à Ecuisses, les chansons, les poèmes et les anecdotes racontées, me donnent la nostalgie du fil de l'eau et du temps qui s'écoule...en octobre, même seule, je repars...et puis, "promis-juré" j'emmène tout le théâtre du Passavent (pas tous en même temps, y'a de la place que pour sept!) goûter aux plaisirs infinis de la navigation fluviale (et au Kir évidemment...mais ça, ils connaissent déjà!)














