14 mars 2009
L'Alouette et l'Hirondelle, ou..."si c'était à refaire"
Le Musée du Poilu à Cormatin accueillera du 19 avril au 9 mai, une exposition temporaire: "L'été 44, la Résistance en Saône et Loire" préparée et mise en scène par Jéremy Beurier.
Pour démarrer sa deuxième saison le Musée du Poilu consacrera un espace dédié à une exposition temporaire. Il présente : « Eté 44 - La Résistance en Saône et Loire » du Dimanche 19 Avril au Samedi 9 Mai 2009. Cette exposition sera préparée et mise en scène par Jérémy Beurier, collectionneur et passionné par cette période de l’histoire de la 2ème guerre mondiale.
Divisée en deux zones par la ligne de démarcation, la Saône et Loire fut très vite le théâtre d’actes de résistance tels que le passage de prisonniers de guerre évadés ou de Juifs en fuite en Zone Libre.
Jusqu’au Débarquement de Normandie, le 6 Juin 1944, des hommes et des femmes ont combattu clandestinement l’occupant allemand. Dès cette date les engagements se font en masse pour la lutte armée jusqu’à la libération.
Découvrez la vie quotidienne de ces combattants de l’ombre au travers de dioramas tels qu’un parachutage, une embuscade ou un sabotage; mais aussi des vitrines présentant des objets d’époque ou encore de nombreuses photos inédites.
Quand je dis que la vie réserve bien des surprises, je sais bien que c'est un lieu commun...mais quand même !
En 1994, j'ai écrit, monté et joué une pièce : L'Alouette et l'Hirondelle avec la Compagnie du Val-Qui-Rit, dans le Calvados. Toujours dans le "cadre" des dettes familiales à épurer, intriguée par la vie et la mort des deux jeunes cousins de ma mère, entrés en résistance et morts en déportation. J'ai pu écrire ce spectacle grâce au jeune demi-frère de mes petits cousins et surtout grâce au témoignage de Roger Pindon, un ami d'André et Raymond, déporté avec eux et qui "en est revenu". Cet homme extraordinaire, m'a fait confiance et raconté très longuement l'histoire du groupe de jeunes résistants du "Champ du moulin" à Montceau les Mines, tous voisins et amis d'enfance...

Pierrot Marcel André Georges Lucien André Georges Claude
Roger Pindon Raymond dit "le Têtot"
"Il était vingt et trois quand les fusils fleurirent..." leur jeune vie, leur engagement, leur passion de la liberté, leur "inconscience" même les a tous conduit à mourir...Roger, déporté à 15 ans est revenu...il a gardé pour lui très longtemps, enfoui au plus profond, toutes ces actions "héroîques" que lui ne considère pas comme telles. Elles lui semblaient "normales" et issues de leur convictions profondes...
Ce spectacle fut représenté en septembre 1994 à Saint Vallier (et oui, déjà!!!) devant les témoins et survivants de cette époque. Je pense que je n'ai jamais autant eu le trac que cette soirée-là...Venant de Normandie, nous venions jouer sur les lieux même des "événements" avec une histoire locale plus que sensible...Ce fut magique...impossible de se séparer après la représentation (et pourtant, souviens-toi Christian, du projecteur qui a explosé!!!) . Sur le plateau, il y avait un ancien tableau de classe, posé sur une sorte de chevalet et qui pouvait se retourner. Sur un des côtés, j'avais placé des photos de l'époque: tous ces jeunes gens, seuls, en groupe, juste avant la guerre quand leur vie était rytmée par les postes à la mine, les bals sous "les acacias" les soirées "à la grande maison" au son de l'accordéon ......
Et puis, dénonciation...arrestation...transfert à la prison de Chalon...torture...déportation pour tous, sauf pour un qui sera fusillé à la prison de Besançon...Ils avaient tous entre 15 et 20 ans...
Ce spectacle patronné par Jacques Vico tournera partout, notamment dans les collèges et lycées pour "illustrer" le concours annuel sur la résistance.
Revenue à Montceau, installée à Gourdon, je prends du plaisir à aller chanter dans une chorale que fréquente une amie, à Marizy...(dirigée par Fabrice, mon futur "Jean Baptiste" de L'homme éclaté!). Et là, je rencontre Jérémy, un passionné d'histoire, collectionneur averti et qui se trouve être le petit fils de Roger Pindon! Sympathie immédiate (avant même d'ailleurs que je ne connaisse sa parenté). Je savais qu'il avait collectionné beaucoup d'objets et de documents sur la guerre de 14-18 et qu'il "était passé" à une collection sur la Résistance dans la région de Marizy! (Ma mère, après la déportation de ses cousins fut contactée par ce maquis et devint leur infirmière et "passeuse" de documents et d'armes...). Et voilà que Jérémy connaît Patrice du Musée du Poilu... La boucle est bouclée pour une amitié inconditionnelle entre l'équipe du Musée, Jérémy et le Théâtre du Passavent!!!
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