31 mars 2009
"L'Aventure immobile...ou Sur le bord du..."
"Au fil de l'eau point de serments...
Ce n'est que sur terre qu'on ment!"
Entre les répétitions de L'Homme éclaté dont nous devons assurer plusieurs représentations en mai, juin, juillet et août (en attendant novembre à Dijon) et celles de Barbe Bleue, le Théâtre du Passavent à repris le petit sectacle présenté en septembre dernier pour les Journées du Patrimoine à Ecuisses à bord de la péniche "Armançon". Ce spectacle étoffé ( 50 minutes) sera donné le 5 juillet prochain pour la Fête du Canal à Montceau Les Mines, à bord du bateau "Au fil de l'eau"...un "plancher" sera installé sur le pont. 10 comédiens et 2 musiciens ("mon" Bruno" et Kiki, virtuose de l'accordéon) feront revivre la "fluviale", le temps des mariniers, des "charretiers aux longs jours" et du halage avec les animaux...textes, poèmes, dialogues, chansons, les joies et les drames des berges du canal, des ports fluviaux, ou à bord même des chalands. Ce spectacle sera présenté 3 fois (16h, 17h30 et 19h)...
Quand not' Marie-Louise souffre du mal d'amour, parceque son Marius l'a laissée pour une "cht'ite gamine" elle exprime sa détresse en patois... et sur le canal, tout devient possible:
" Mé, j'sus d'Meung sur Loire. J'ai marié un bourguignon et j'lai suivi su l'canal du Centre...
J'en sais quéqu'chose des mauvaises amours...c'est itou su l'canal qu'en mé...
Tu l'r'verras point ton biau coutiau
Y gît à c't'heure au fond du canal
Tu l'auras pus ton pot' bounhneur
C'ui d'ta grand-mé
Même que de d'lui, j'en veux pus
Coumm' de toué
Et c'est coumm' ça
"Le mal? c'est un cailloux qui reste su les pauv' sentiers du coeur"
Chez mé, su mon pauv' sentier à moué, le mal que te m'as fait et qu't'as jamais voulu crouére, aul a laissé pus qu'un cailloux...çeu eun' boun' grosse pierre, ben lourde...de méchanc'té et d'mensonges...
Alors, j'a aiguisé la lame de ton coutiau, nuitée après nuitée, journée après journée...Et pis, quand y'a pus eu qu'un p'tiot tronçon au bout du manche...Et ben, j'l'ai j'té dans l'canal, attaché à la grosse pierre...ça a fait "ploufff"...l'ieau a grouillée...et pis, pus ren...c'coutiau qu'était à toué, çui d'ta grand mé, ben aiguisé...prêt à trancher ton coeur qu'était à moué...ren qu'a moué, te m'l'avait "dit-promis-juré"! Te l'savais ben pourtant, qu'l'amour, au souér d'la vie, c'est du solide, faut pas s'moquer...
Alors, p'tète que j'ai ben fait d'le j'ter
Dans l'canal
...J'aurais ben du l'planter...
Percier ta piau, ton coeur...
Et t'l'arracher..."
28 mars 2009
"Anniversaire"
28 mars 2005...
28 mars 2009...
Il fut long, ce samedi 28 dernier. Dès mon réveil, "elle" était là, Elle ne m'a pas quittée de la journée...même si je n'en montrais rien. Ce jour a été rythmé par le souvenir d'il y a 4 ans...malaise, migraine, les amis partent en randonnée avec les ânes, moi, je reste, pas tranquille après ma visite de la veille...et à 16h...tout est fini...fini...un terme atroce..."c'est la fin...c'est fini..."
Et tu es venue, tu nous a retrouvée près d'elle, alors qu'avec Joanny nous choisissions ses vêtements, ceux qu'elle aimait particulièrement. J'étais bien incapable de pleurer, je faisais ce que je devais faire, et la vague de douleur commençait seulement à se former là-bas, au loin, sur la mer...
"Il n'y a qu'un mot... pour dire la mer...
Pour dire la mère...
Eternelle comme la femme..."
Et aujourd'hui, tu m'as envoyé ces mots, tes mots, tendres et réconfortants, des mots de fille à sa mère...des mots qui m'ont "remise debout", pleins d'espoir, de vie et qui n'oublient pas le passé...
Alors, sans t'en demander la permission (après tout, ne suis-je ta "p'tite mémère" ) j'ai eu envie, besoin même de transcrire tes mots. Grâce à ton attention et à ta tendresse de ce jour, j'ai eu enfin le courage de regarder les dernières photos de Georgette. Il fallait bien que celà arrive...4 ans que je ne l'avais que dans la tête et le coeur, me référant sans cesse à ses photos de jeunesse, comme si elle était intemporelle, et qu'elle était l'héroïne de tous les livres et romans qu'elle avait lus. Elle avait tout simplement rejoint l'immortalité de mon imaginaire...
"La société qui nous entoure, frénétique, informatique, automatique, nous invite à passer outre...et POURTANT, la peine cachée revient en sourdine.
Elle exige d'être là, elle persiste à cogner...elle rôde, impossible d'ignorer cette visiteuse, la nier...
Les morts nous quittent et restent en même temps, comme une attache céleste...On songe à la délicatesse de leur âme, la tendresse de leur coeur et à la préférence de leur amour...
Tristesse et joie de l'âme
Angoisse et espérance
Passions et inquiétudes
Nous sommes sur la terre comme des voyageurs fatigués, consumés mais...capables d'aimer.
Pour que son nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans trace d'ombre en cette fin de mars (4 ans "déjà"...) je te laise dans l'intimité de ta relation avec Georgette, celle que tu nommes encore...Maman..."

dernier anniversaire 31 janvier 2005 dernier week-end à Montbretange
mars 2005
16 mars 2009
Enfin le site ...
Le site du Théâtre du Passavent est désormais en ligne, vous pouvez le consulter en cliquant sur ce lien
Vous y trouverez toutes les informations sur la compagnie, les dates des représentations, les projets de la troupe, son répertoire théâtral, etc ...
Bonne visite ...
14 mars 2009
L'Alouette et l'Hirondelle, ou..."si c'était à refaire"
Le Musée du Poilu à Cormatin accueillera du 19 avril au 9 mai, une exposition temporaire: "L'été 44, la Résistance en Saône et Loire" préparée et mise en scène par Jéremy Beurier.
Pour démarrer sa deuxième saison le Musée du Poilu consacrera un espace dédié à une exposition temporaire. Il présente : « Eté 44 - La Résistance en Saône et Loire » du Dimanche 19 Avril au Samedi 9 Mai 2009. Cette exposition sera préparée et mise en scène par Jérémy Beurier, collectionneur et passionné par cette période de l’histoire de la 2ème guerre mondiale.
Divisée en deux zones par la ligne de démarcation, la Saône et Loire fut très vite le théâtre d’actes de résistance tels que le passage de prisonniers de guerre évadés ou de Juifs en fuite en Zone Libre.
Jusqu’au Débarquement de Normandie, le 6 Juin 1944, des hommes et des femmes ont combattu clandestinement l’occupant allemand. Dès cette date les engagements se font en masse pour la lutte armée jusqu’à la libération.
Découvrez la vie quotidienne de ces combattants de l’ombre au travers de dioramas tels qu’un parachutage, une embuscade ou un sabotage; mais aussi des vitrines présentant des objets d’époque ou encore de nombreuses photos inédites.
Quand je dis que la vie réserve bien des surprises, je sais bien que c'est un lieu commun...mais quand même !
En 1994, j'ai écrit, monté et joué une pièce : L'Alouette et l'Hirondelle avec la Compagnie du Val-Qui-Rit, dans le Calvados. Toujours dans le "cadre" des dettes familiales à épurer, intriguée par la vie et la mort des deux jeunes cousins de ma mère, entrés en résistance et morts en déportation. J'ai pu écrire ce spectacle grâce au jeune demi-frère de mes petits cousins et surtout grâce au témoignage de Roger Pindon, un ami d'André et Raymond, déporté avec eux et qui "en est revenu". Cet homme extraordinaire, m'a fait confiance et raconté très longuement l'histoire du groupe de jeunes résistants du "Champ du moulin" à Montceau les Mines, tous voisins et amis d'enfance...

Pierrot Marcel André Georges Lucien André Georges Claude
Roger Pindon Raymond dit "le Têtot"
"Il était vingt et trois quand les fusils fleurirent..." leur jeune vie, leur engagement, leur passion de la liberté, leur "inconscience" même les a tous conduit à mourir...Roger, déporté à 15 ans est revenu...il a gardé pour lui très longtemps, enfoui au plus profond, toutes ces actions "héroîques" que lui ne considère pas comme telles. Elles lui semblaient "normales" et issues de leur convictions profondes...
Ce spectacle fut représenté en septembre 1994 à Saint Vallier (et oui, déjà!!!) devant les témoins et survivants de cette époque. Je pense que je n'ai jamais autant eu le trac que cette soirée-là...Venant de Normandie, nous venions jouer sur les lieux même des "événements" avec une histoire locale plus que sensible...Ce fut magique...impossible de se séparer après la représentation (et pourtant, souviens-toi Christian, du projecteur qui a explosé!!!) . Sur le plateau, il y avait un ancien tableau de classe, posé sur une sorte de chevalet et qui pouvait se retourner. Sur un des côtés, j'avais placé des photos de l'époque: tous ces jeunes gens, seuls, en groupe, juste avant la guerre quand leur vie était rytmée par les postes à la mine, les bals sous "les acacias" les soirées "à la grande maison" au son de l'accordéon ......
Et puis, dénonciation...arrestation...transfert à la prison de Chalon...torture...déportation pour tous, sauf pour un qui sera fusillé à la prison de Besançon...Ils avaient tous entre 15 et 20 ans...
Ce spectacle patronné par Jacques Vico tournera partout, notamment dans les collèges et lycées pour "illustrer" le concours annuel sur la résistance.
Revenue à Montceau, installée à Gourdon, je prends du plaisir à aller chanter dans une chorale que fréquente une amie, à Marizy...(dirigée par Fabrice, mon futur "Jean Baptiste" de L'homme éclaté!). Et là, je rencontre Jérémy, un passionné d'histoire, collectionneur averti et qui se trouve être le petit fils de Roger Pindon! Sympathie immédiate (avant même d'ailleurs que je ne connaisse sa parenté). Je savais qu'il avait collectionné beaucoup d'objets et de documents sur la guerre de 14-18 et qu'il "était passé" à une collection sur la Résistance dans la région de Marizy! (Ma mère, après la déportation de ses cousins fut contactée par ce maquis et devint leur infirmière et "passeuse" de documents et d'armes...). Et voilà que Jérémy connaît Patrice du Musée du Poilu... La boucle est bouclée pour une amitié inconditionnelle entre l'équipe du Musée, Jérémy et le Théâtre du Passavent!!!














