Mémoire de coquelicots, le blog de Yvette Sauvage-Lelong

blog de Yvette Sauvage-Lelong, metteur en scène, actrice, théâtre, culture, cinéma, chanteuse, Bourgogne, coquelicots, Montceau, théâtre du Passavent, la Cigogne, association, troupe, compagnie, Dijon, art, littérature, poésie, blog, Saône et Loire

14 mars 2009

L'Alouette et l'Hirondelle, ou..."si c'était à refaire"

Le Musée du Poilu à Cormatin accueillera du 19 avril au 9 mai, une exposition temporaire: "L'été 44, la Résistance en Saône et Loire" préparée et mise en scène par Jéremy Beurier.

Pour démarrer sa deuxième saison le Musée du Poilu consacrera un espace dédié à une exposition temporaire. Il présente : « Eté 44 - La Résistance en Saône et Loire » du Dimanche 19 Avril au Samedi 9 Mai 2009. Cette exposition sera préparée et mise en scène par Jérémy Beurier, collectionneur et passionné par cette période de l’histoire de la 2ème guerre mondiale.
Divisée en deux zones par la ligne de démarcation, la Saône et Loire fut très vite le théâtre d’actes de résistance tels que le passage de prisonniers de guerre évadés ou de Juifs en fuite en Zone Libre.
Jusqu’au Débarquement de Normandie, le 6 Juin 1944, des hommes et des femmes ont combattu clandestinement l’occupant allemand. Dès cette date les engagements se font en masse pour la lutte armée jusqu’à la libération.
Découvrez la vie quotidienne de ces combattants de l’ombre au travers de dioramas tels qu’un parachutage, une embuscade ou un sabotage; mais aussi des vitrines présentant des objets d’époque ou encore de nombreuses photos inédites.

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Quand je dis que la vie réserve bien des surprises, je sais bien que c'est un lieu commun...mais quand même !
En 1994, j'ai écrit, monté et joué une pièce : L'Alouette et l'Hirondelle avec la Compagnie du Val-Qui-Rit, dans le Calvados. Toujours dans le "cadre" des dettes familiales à épurer, intriguée par la vie et la mort des deux jeunes cousins de ma mère, entrés en résistance et morts en déportation. J'ai pu écrire ce spectacle grâce au jeune demi-frère de mes petits cousins et surtout grâce au témoignage de Roger Pindon, un ami d'André et Raymond, déporté avec eux et qui "en est revenu". Cet homme extraordinaire, m'a fait confiance et raconté très longuement l'histoire du groupe de jeunes résistants  du "Champ du moulin" à Montceau les Mines, tous voisins et amis d'enfance...

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     Pierrot Marcel André           Georges                Lucien  André  Georges               Claude
  Roger Pindon Raymond      dit "le Têtot"

"Il était vingt et trois quand les fusils fleurirent..." leur jeune vie, leur engagement, leur passion de la liberté, leur "inconscience" même les a tous conduit à mourir...Roger, déporté à 15 ans est revenu...il a gardé pour lui très longtemps, enfoui au plus profond, toutes ces actions "héroîques" que lui ne considère pas comme telles. Elles lui semblaient "normales" et issues de leur convictions profondes...

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Ce spectacle fut représenté en septembre 1994 à Saint Vallier (et oui, déjà!!!) devant les témoins et survivants de cette époque. Je pense que je n'ai jamais autant eu le trac que cette soirée-là...Venant de Normandie, nous venions jouer sur les lieux même des "événements" avec une histoire locale plus que sensible...Ce fut magique...impossible de se séparer après la représentation (et pourtant, souviens-toi Christian, du projecteur qui a explosé!!!) . Sur le plateau, il y avait un ancien tableau de classe, posé sur une sorte de chevalet et qui pouvait se retourner. Sur un des côtés, j'avais placé des photos de l'époque: tous ces jeunes gens, seuls, en groupe, juste avant la guerre quand leur vie était rytmée par les postes à la mine, les bals sous "les acacias" les soirées "à la grande maison" au son de l'accordéon ......
Et puis, dénonciation...arrestation...transfert à la prison de Chalon...torture...déportation pour tous, sauf pour un qui sera fusillé à la prison de Besançon...Ils avaient tous entre 15 et 20 ans...
Ce spectacle patronné par Jacques Vico tournera partout, notamment dans les collèges et lycées pour "illustrer" le concours annuel sur la résistance.

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Revenue à Montceau, installée à Gourdon, je prends du plaisir à aller chanter dans une chorale que fréquente une amie, à Marizy...(dirigée par Fabrice, mon futur "Jean Baptiste" de L'homme éclaté!). Et là, je rencontre Jérémy, un passionné d'histoire, collectionneur averti et qui se trouve être le petit fils de Roger Pindon! Sympathie immédiate (avant même d'ailleurs que je ne connaisse sa parenté). Je savais qu'il avait collectionné beaucoup d'objets et de documents sur la guerre de 14-18 et qu'il "était passé" à une collection sur la Résistance dans la région de Marizy! (Ma mère, après la déportation de ses cousins fut contactée par ce maquis et devint leur infirmière et "passeuse" de documents et d'armes...). Et voilà que Jérémy connaît Patrice du Musée du Poilu... La boucle est bouclée pour une amitié inconditionnelle entre l'équipe du Musée, Jérémy et le Théâtre du Passavent!!!

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23 octobre 2008

Monsieur Paul Jolas...

Voilà, j'ai reçu un message d'un lecteur assidu de mon blog et qui me demande "si j'avais appris à écrire...",  j'ai d'abord répondu "non, j'ai toujours aimé ça..." et puis tout de suite après, j'ai repensé à Monsieur Paul Jolas, comme si mon cerveau avait occulté pendant des années tout ce que je lui devais!!! Alors que très souvent je pensais à lui, "tu devrais reprendre contact, tu devrais savoir s'il continue toujours malgré la retraite (je supposais qu'il était en retraite de l'enseignement) à défendre, à promouvoir les auteurs, les poètes, les peintres, toute forme de cultures, "favoriser particulièrement le mouvement de jeunes dans la poésie" et surtout: l'Humanisme". Et voilà le temps qui passe si vite fait des ravages...et des remords... J'aurai pu, du, écrire 18 rue Janvier...il aura fallu un ordinateur offert l'année dernière pour que, par coup de coeur et de souvenirs je cherche et recherche ceux qui ont compté pour moi et que d'une certaine façon j'avais "laissé tomber". Enfin, je suis sans doute prétentieuse, Monsieur Jolas a continué sa vie, comme moi la mienne... dernières nouvelles en 1974-1975...

Mais sans lui...

J'ai eu une scolarité plus que chaotique, de la maternelle au bac...totalement réfractaire à l'enseignement traditionnel, mon rêve était d'être "éduquée à la maison" , ça faisait rigoler ma mère ( "t'as des goûts de bourgeoise, pourquoi pas un précepteur pendant que tu y est!") rigoler, rigoler, enfin pas toujours, car j'étais nulle partout (blocage total pour les sciences mathématiques et physiques...) et ne faisais qu'un (petit) effort en histoire et français-latin-grec (toujours ma foutue curiosité...il y aurait eut "sanscrit" je l'aurais pris en option sans problème...). Mais le contrat moral était clair entre mes parents et moi, le fameux "passe ton bac d'abord" et après, "promis, on te paie des études de théâtre comme on a payé les études d'ingénieurs Arts et Métiers à tes frères"...contrat rempli de part et d'autre. Et puis, en 1966, le choc de la rentrée !...Mon professeur de Lettres se présente en cours (et en latin tout de même!) et c'est Monsieur Jolas! Je reste ébahie et découvre (bien avant le film Le cercle des poètes disparus et avant la révolution de 1968...) un professeur, un homme extraordinaire, hors de l'ordinaire...et me voilà, attendant avec impatience ses cours, jubilant à l'avance de ce qu'il va m'apprendre, m'apporter, me faire vivre et revivre (décidément je suis exclusive, nous étions une grosse vingtaine à profiter de ses cours...). D'un seul coup me voilà propulsée au firmament des bonnes notes! jamais moins de 18 (même hors sujet...) Pour Monsieur Jolas, les hors sujets pouvaient révéler bien des choses et sans les encourager ("vous savez, si vous faites ça au bac...intéressant ou pas, l'examinateur ne vous fera pas de cadeau...") mais je crois qu'il aimait bien mes élucubrations...quand il me rendait mes dissertations, il y avait quasiment autant de commentaires dans la marge que d'écrit dans mon devoir...et je lui redonnais ma copie en commentant ses commentaires qu'il me re-redonnait en commentant mes commentaires...et ainsi de suite...Pour la première fois, mes parents m'ont vu aller au lycée avec plaisir (enfin, avec plaisir... pour les cours de lettres classiques...pour les autres matières, bof!... j'aimais plutôt l'extra scolaire: atelier théâtre et journal du lycée...). Ils ont souhaité faire la connaissance de Monsieur Jolas, dont je leur rabattais sans cesse les oreilles!

Quelques mots de politesses échangés par l'intermédiaire du "cahier de texte" et à la fin d'une de mes "disserte" et  Monsieur Jolas vint souper à la maison. Mon père fut littéralement ébloui. Bien que "matheux" de fibre, ingénieur, proviseur de lycée technique, lui aussi "écrivait": des poèmes, des parodies. Gouailleur, rigolard ou tendre, il avait même "fait" journaliste satirique à la "Lanterne Héninoise" (Hénin-Liétard, Pas de Calais) juste après la guerre (articles grinçants à la gauche de la gauche...). Quant à ma mère, elle a pris pendant tout le repas son air de vampire littéraire qui ne trompe pas: elle était impressionnée. Il lui en fallait pourtant beaucoup...tombée toute petite dans la littérature, sa bibliothèque était aussi énorme qu'éclectique. Bref, soirée particulière, je n'avais pas assez d'oreilles et d'yeux pour tout saisir, je voulais profiter au maximum, je ne voulais rien perdre, tout retenir de leurs échanges...La preuve? je n'ai rien dit de tout le repas...moi! bavarde impénitente quand je suis passionnée! mais ça fusait de partout et j'étais la spectatrice fascinée d'un moment rare. Et, très vite, Monsieur Jolas nous a invité chez lui, à Sainte Geneviève des Bois. Nous y avons fait connaissance de son épouse Andrée Satger, poète et peintre. Madame Satger a réalisé mon portrait (17 ans..) que j'ai toujours gardé, même si une forme de timidité m'interdisait de le montrer "aux autres" il habillait et habille toujours mon "coin à moi"...

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Andrée et Paul Jolas étaient entrés dans notre vie, dans ma vie.
Il m'a encouragé à écrire, à travailler mes textes. J'aimais beaucoup la littérature fantastique, j'avais déjà lu tous les grands maîtres incontestés du genre avec deux préférences quand même: Jean Ray et Claude Seignolle (que je rencontrerais deux ans plus tard et avec lequel j'entretiendrais longtemps des relations épistolaires). J'apporte deux "nouvelles" à Monsieur Jolas, il me conseille quelques corrections et m'annonce tout à trac: "Voilà la semaine prochaine, je dois rencontrer un homme très intéressant, ce serait bien que vous le rencontriez (je ne sais plus si je suis arrivée à le tutoyer un jour, je ne le crois pas, comme je n'ai jamais pu l'appeler "Paul ")...il s'appelle Joseph Chocko, il a vécu des choses très difficiles, remarquables et il souhaiterait que je reprenne à sa suite et relance un magazine littéraire la Revue Littéraire et Artistique. C'est une "renaissance", on part du numéro 1, on y publie votre nouvelle et je vous consacre secrétaire de rédaction!!!" et toc! le lycée me semble bien loin...bien sûr je suis enthousiaste. De plus, Monsieur Jolas m'emmène dans différents "cercles poétiques" de la capitale  où quelques fois, je lis ou "récite" des poèmes...mais c'est comme pour mon séjour en Egypte, je reste comme je suis, je regarde, j'écoute, prends ce que j'ai à prendre et essaie souvent de ne pas me faire remarquer. Ma mère avait conservé les deux premiers numéros de Rencontres Artistiques et Littéraire, ce sont de petit fascicules dans lesquels figurent mes 2 nouvelles. Monsieur Jolas savait valoriser ses élèves, deux de mes camarades de classes étaient publiées, elles aussi: Domique Tarasco et Marie-Ange Baillet, et avec nous : Georges Pérec! Nous étions très fières, même si dans un premier temps la diffusion était confidentielle.

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Cette revue a grandi, grossi "en taille" et en contenu, avec des auteurs connus et reconnus: Rencontres Artistiques et Littéraires, Les Cahiers d'Ariane édité par la "Maison Rhodanienne de poésie" (Monsieur Jolas est aussi à l'origine de cette maison d'édition). Pendant toute la fin de ma scolarité et ensuite, quand j'intégrerais le Cours Simon, nous resterons en relation. Et puis, mes parents ont quitté les Yvelines pour passer leur retraite en Bourgogne et je suis partie en Normandie.

Miracle d'internet, je tape Paul Jolas (sur les conseils de mon fils) et une longue liste apparaît...je vois même des photos, une m'émeut plus que les autres, celle de l'âge où je l'avais connu, et puis une page: "Hommage à Paul Jolas"...Monsieur Jolas est décédé en 2006...

On croit toujours les gens que l'on aime sont immortels, l'âge n'a pas d'importance, pour moi, Monsieur Jolas à toujours 36 ans! Il est mort à 74, comme mon père... (lui aussi n'aurait pas dû...et tous les autres... "que j'aimais tant et qui me le rendaient bien"). Je croyais naïvement que le temps retrouvé d'après ma vie professionnelle, me donnerais la possibilité de renouer tous ces liens... Je n'ai jamais su compter, surtout les années! Ce blog a déjà permis des "retrouvailles"...   

Curieusement, ce blog, mon blog ,je l'ai déjà dit, c'est mon fils Joanny qui m'a encouragé à le faire... Parce qu'il est un peu (beaucoup?) comme moi, fouineur et curieux...

Tenir un "journal intime" ne m'intéressait pas vraiment...mais écrire, oui! revenir impulsivement sur certains moments très importants de ma vie, raconter et rendre "hommage" aux personnes qui ont contribuées à faire de ma vie ce qu'elle est... Rencontres anciennes ou récentes, toutes celles qui comptent pour moi et qui continuent à alimenter l'essentiel de mon existence et en l'occurrence mon imagination, ma "créativité" ma curiosité des autres, des choses, des lieux... Je n'existerais pas de la même façon si je n'avais fait d'extraordinaires rencontres! Chance? Hasard? Je n'en sais rien! mais je suis à un âge où je regarde sereinement ce que j'ai fait, et où, pour ma "descendance" familiale ou amicale (et oui! comme tout le monde, j'ai des amis aussi proches voire plus proches et aimés que certains membres de ma famille "de sang"!) Donc voilà, une fois encore le pourquoi du comment de ce blog!!!...

Mais revenons à nos moutons qui moutonnent dans ma tête (pour une fois que je ne parle pas d'âne!):
L'ÉCRITURE? ai-je appris ou non? et bien si! enfin non! j'ai juste eut la chance de rencontrer un homme exceptionnel quand j'avais 17 ans...pourquoi l'avoir "oublié" toute ces années? La jeunesse est égoïste, maladroite et surtout ingrate. On oublie vite, au fur et à mesure que nous avançons dans la vie, cette vie qui nous happe et dont le quotidien nous obnubile...ce soir, une fois encore, je me sens orpheline.

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25 juillet 2008

Sympathie, café et érudition...

011"Voilà-t'y pas" que dans le port de Montceau, vient s'accoster juste à côté de Lili Coquelicot, sa jumelle!!! avec à son bord, une famille charmante avec laquelle nous avons partagé quelques trop rares moments: café (du vrai! fait à l'avant du bateau avec une belle "machine spéciale super-café"!!! ) et discussions quasi universitaires!!!... et voilà avec Philippe, plus moyen de nous arréter: canal du Centre et mystère à élucider:quid de la construction du canal entre 1783 et 1793, révolution française, changement de régime politique (ô combien!), etc...etc... les travaux qui ne s'arrêtent pas  même au plus fort de la "terreur"" ... Bibracte, les Helvètes et la "Guerre des Gaules" de César! Ensuite, Eric passionné d'archéologie: donc je cause Egypte... musée du Louvre, Madame Christiane Desroche-Noblecourt... et je n'oublie pas "Jean Paul III" (ils vont faire une halte à Paray-Le-Monial, il y a des blagues familiales qui ne se ratent pas!) le papa et grand papa plein d'humour et de gentillesse! ( quant aux filles, elles sont allées chercher les poulets rôtis sur le marché....) C'est bien dommage qu'ils doivent repartir sur Digoin...(et plus loin ensuite, ils sont de Genève...)pas grave, grâce à internet et au blog, nous resterons en relations avant de nous revoir . Promis! foi de cap'tain du Lili Coquelicot!

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01 juillet 2008

L'inconnu des USA...

Mon blog est consulté depuis un certain temps par un ressortissant américain...et cela n'a pas l'air d'être une erreur de "frappe" (on tape "coquelicot" et hop on a toute une liste de blogs qui ne correspondent pas forcément à ce que l'on cherche, donc la consultation s'arrête très vite, une page ou deux, et terminé! on passe à autre chose) mais là, curieusement cette visite sur mon blog dure, toutes les pages sont visionnées... Evidement, cela m'intrigue... Qui? Pourquoi? Alors il m'est revenu qu'entre 1960 et 1965, mes parents recevaient tous les ans, en été, de jeunes américains, dans le cadre de découvertes touristiques de l'Europe, de la France en particulier et surtout de la Bourgogne (ils restaient environ une semaine à Tournus). Tous étaient logés "chez l'habitant" et pour la famille Sauvage c'était toujours la fête. On les "promenaient" partout, des vignobles "bio" du Domaine du Mayne à Cruzille, au "tour" des églises romanes, à Brançion, aux dégustations de fritures et de grenouilles en bord de saône etc...etc... L'organisatrice et l'accompagnatrice de ces groupes s'appelait Madame "Kravets" (??) c'est le nom dont je me souviens mais s'écrivait-il comme celà?? et c'était une "Russe", pour de vrai! comme on disait, nous les enfants Sauvage..."une Russe au pays des Amerloques!!!!"... J'en parle car c'était assez exceptionnel comme situation à l'époque...et Madame "Kravets" (?) nous "avait à la bonne" et réservait à mes parents ses "meilleurs éléments" (filles ou garçons, mais surtout garçons, peut être à cause de mes frères dont l'ainé avait leur âge). Et de tous ces jeunes gens il en est un avec lequel les relations sont devenues si amicales qu'il est revenu nous voir avec sa maman plusieurs années après et que nos deux familles ont longtemps échangé des courriers. Quelque fois je pense à lui...et un jour, par hasard, ma mère et moi, sans nous consulter, avons acheté le même livre: "L'Etoile et le Croissant" de David K.Shipler. Nous y avions pensé toutes les deux! serais-ce "notre" David Shipler? celui avec lequel nous avions passé tant de bons moments il y avait déjà pas mal de temps? et bien oui, c'était bien lui: David Karr Shipler, également auteur d'un autre ouvrage: "La Russie" (Madame "Kravets" y était-elle pour quelque chose???). C'est comme çà que nous avons su que David avait été correspondant au New York Times à Jérusalem de 1979 à 1981 et qu'il avait obtenu le prix Pulitzer en 1987 pour L'Etoile et le Croissant. Alors peut être que c'est lui qui a tapé sur Google un mot qui l'a "ramené" vers la Bourgogne et sur mon blog...il n'a guère que 5 ans de plus que moi...  Apparemment il  continue à écrire et à publier articles et ouvrages (Les travailleurs pauvres)... De toute façon, lui ou pas lui, j'arriverais bien à reprendre contact, le monde est si petit et notre amitié fut si grande... David, si c'est toi qui consulte mon blog, laisse-moi un message ou un commentaire... 

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23 juin 2008

Noir et Blanc...

J'ai retrouvé "en rangeant" (c'est à dire en déplaçant des cartons ou des objets d'un endroit à un autre) plusieurs appareils photos du "temps que les moins de 20 ans...etc, etc". Je savais bien sûr qu'ils "étaient là", mais je les ignorais... quelquefois je les ressortais pour les regarder avec tendresse, mais fini le temps où on développait soi-même SES photos: le labo installé sous un escalier, la petite loupiote, les bacs à révélateur et à fixateur, la ficelle et les pinces pour le séchage... et surtout l'AGRANDISSEUR!!! Pour faire des économies on achetait les pellicules au mètre... Quand on partait "en chasse", on était équipé comme pour la guerre, on se prenait pour de Grands Reporters, et on allait patauger dans les endroits les plus invraisemblables pour produire la meilleure photos, celle qui allait tourner dans une exposition!!!

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port fluvial de Mâcon / 1978

Entre Clubs-Photos les échanges étaient passionnés. Je m'occupais de celui de Saint-Lô (dans la Manche) et on "rivalisait" avec celui de Granville! J'ai tout appris de Gérard. C'était mon "chef " au boulot, mais surtout un ami, qui non seulement a suivi avec rigueur et fermeté ma formation technique, mais suivait aussi le "Théâtre de l'Ephémère". Il "couvrait" les différentes représentations et a réalisé de superbes photos en représentations ou en portraits (voir Le voyage au Brésil). Mais, j'ai fini par ne plus voir la vie qu'à travers un objectif... C'est peut être ça qui m'a fait arrêter la photo...Je ne pouvais plus me passer de mon Pentax et ne voyais plus les gens ou les paysages qu'à travers le viseur...De toute façon, j'ai changé de travail et il m'a fallu choisir Photo OU théâtre! J'ai choisi théâtre...

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les cormorans des îles Chausey / 1977

J'ai réussi à "piéger" Gérard dans ces 2 portraits, j'en suis fière, même si techniquement ce n'est pas extraordinaire...mais là ce fut le "photographe photographié", de vrais "instantanés" sans réglages (luminosité, distance focale etc...) et surtout j'ai pu capter l'éclair de malice et de gentillesse qui illuminait son regard...

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Gérard / 1979

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20 juin 2008

Pour toi, à "cause de toi"...

001Mon Amie Mimi, attends moi, ne me laisse pas sans te revoir avant ces Grandes Vacances... Ce Long Repos. Mimi la Belle, la Courageuse,la Volontaire, l'Inoubliable aux yeux si bleus..."Ma" Mimi... superbe Julia de la "Grande grève" ( si petite et si menue, je t'avais repérée au milieu de tous ces gens...) tu n'étais "que de passage" entrainée par des copines...et voilà tu as tenu avec un talent inné ce rôle difficile et exigeant...mais tu étais prête, et faite sans peut être le savoir, pour la scène! Comédienne sur un plateau, mais surtout pas dans la vie: naturelle, courageuse, fidèle en Amitié, fidèle à notre Amitié. Du théâtre aux promenades avec les ânes ( au fait, pourquoi ai-je appelé Mélodie: Mimi-Mélodie??? parce que tu chantais si bien? parceque dans les randonnées c'était TON ânesse (et elle en a usé et abusé, de ton affection pour elle...) on a tant partagé...tout ce que l'on s'est dit et pas dit...La pudeur des Grandes Amitiés.

Nous allons jouer, sans toi, une autre version de Bleu Horizon, où tu interprétais une mère "coupable" d'avoir caché son gars pour le protéger de la boucherie de la Grande Guerre et que tu voyais partir, fusillé pour désertion!!! A chaque répétition, à chaque évocation même de ce spectacle, je te vois , je te devine et tu me manques, tu nous manques... Je sais ta force, ta résistance, tes luttes et ta volonté à protéger ceux que tu aimes. Tu es l'incarnation même de l'Amitié, pure, sans artifices, sans faux-semblants, sans mensonges, sans mesquineries. Notre rencontre a été magique, inattendue, inespérée, aussi forte que l'Amour...

Et puis voilà, "ça" te cherchait depuis trois ans...lentement, patiemment et "ça" t'a trouvé...c'est révoltant...

"ça vous arrive sur le coin de la gueule
Sans crier gare
ça vous tombe dessus brutalement
ça vous met sur les dents
ça démolit les habitudes et la sécurité
Les certitudes
Le train-train
ça vous noue les tripes et vous éclate le coeur
ça vous monte au cerveau
Et décale vos humeurs
C'est la LOTERIE
ça éblouit
ça étourdit
ça dure
C'est dur 
ça écartèle et ça torture
Avec raffinement...
ça s'moque de vous
ça vous fait croire
Que tout s' éclaire
Tout est possible?
Même l'impossible
Le coeur se crève, le ventre pulse, l'âme palpite
Et puis
ça vous reprend le matin
ça ne vous quitte pas de la nuit
Y'a plus d'passé, y'a plus d'avenir
Y'a que ce moment présent qui compte
C'est quand?
C'est où?
Que j'la revoie, que j'la retrouve?
En fait
ça n'a plus d'âge depuis toujours
ça court les rues, vit dans les cours
On a beau dire, on a beau rire
Y'a rien à faire
ça s'ra jamais plus comme avant
Ah! te serrer contre moi
Te réchauffer
Mais J'ai  trop froid
J' me sens toute nue
Et inutile et impuissante
Et mon coeur bat, guettant le tien..."

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03 juin 2008

Jean Marc, qu'es-tu devenu?

mardi_3_juin_2008__3_Sans être un ami que je "fréquentais", Jean Marc Piel est un de ces photographes extraordinaire (encore une "rencontre"!) avec lequel j'ai eu un plaisir inouï à travailler... Il était devenu, après un passage de "photographe officiel" à la ville d'Hérouville Saint Clair, photographe indépendant... Il semblait un peu timide, mais excellait dans la perception des émotions que je voulais qu'il traduise par ses images. Il a réalisé les affiches des trois spectacles que la Compagnie du Val-Qui-Rit a le plus tournée: L'Alouette et l'Hirondelle, Si Perrault m'était conté et Kinderlekh... Les séances photos, préparées ensemble avec un découpage comme pour une réalisation cinématographique se déroulaient toujours dans des endroits "magiques", étranges et dans des conditions quelques fois surréalistes...et Jean Marc, impassible, arpentait les extérieurs où les grandes salles vides du château de Beauregard ou nous suivait dans la boue, jusqu'au kiosque à musique du fin fond du parc du château de Mézidon Canon. Discret, attentif à ce que je souhaitais, j'étais toujours éblouie par ce qu'il faisait de nous! Même si nous nous transformions avec les costumes, même si j'avais été "repérer" les lieux avec soin, même si les comédiens se mettaient en situation de jouer alors que le jeu consistait à poser...exercice difficile pour des bavards comme nous l'étions! Et pourtant...quand je revoie ses photos ou les affiches, c'est avec émotion car il a aussi contribué aux succès de ces spectacles, je pense à lui, il m'impressionnait beaucoup et apportait son talent avec trop de discrétion..."Qu'est mon ami devenu?"...

mardi_3_juin_2008__12_ alouette2 mardi_3_juin_2008__4_ mardi_3_juin_2008__11_ mardi_3_juin_2008__8_ mardi_3_juin_2008__6_
travail de Jean-Marc Piel pour L'Alouette et l'Hirondelle


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travail de Jean-Marc Piel pour Si Perrault m'était conté...

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